Dernières publications

Actes d’une recherche, Carnet 1986-2019, coll. « la Diagonale de l’écrivain », Z4 Éditions

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« A bord de son vaisseau “Poésie” depuis 1986, le poète Marc Alain tient son journal de bord à l’instar des grands explorateurs et ce, presque “au jour le jour”, critique de lui-même, en éternel observateur de ses sens, usant de références et de citations : “C’est des pages, des blancs successifs qui ponctuent, qui font une rythmique du sens, une tenue de la rupture continuée, de phrase en phrase, parfois inachevée, citant ici l’entretien “Théorie et poésie d’Henri Meschonnic avec Lucette Finas, avec cette précision : “enfin quelqu’un qui parle du rôle de la page, de la fin de page, dans le rythme !”.
On aura compris que la progressivité des propos évolue en croissance et talent parallèlement à l’œuvre de l’auteur et ou au temps qui passe. D’une précision inouïe, l’ouvrage s’en réfère à pas moins d’environ [800] notes. Ne s’arrêtant pas à une théorie pure qui serait fastidieuse, l’auteur reprend aussi de son journal périodique son approbation ou non par rapport à lui-même, […].
“Il y a longtemps, très longtemps que je pense à cette idée concernant la visualité développée dans ce que je nomme aujourd’hui mes “poèmes à dire et à crier”, l’influence des documentations informatiques (celles d’il y a dix ans, moins perfectionnées, contenant moins de reproductions d’écran), des documents industriels en général (ceux qui produisent les ingénieurs et autres secrétaires avec les logiciels graphiques ou les possibilités graphiques que leurs proposent les traitements de texte d’aujourd’hui…) / Jeudi 22 août 1996”.
Certains auteurs se servent, pour écrire, d’une sorte de schéma écrit ou mental pour disposer, in fine, leurs propos dans une parution finale écrite ou numérique. Alain Marc a, au contraire, le sens du détail précisé par écrit afin qu’aucune prise de conscience ne lui échappe : “La partie “l’Architecture et la ville de la Fin d’un siècle ! : la disposer en partie centrale, ou bien la disséminer sur tout l’ouvrage ? / Lendemain”. […] une date […], l’auteur s’activant donc de cette façon quasi en permanence.
Se construit ainsi la charpente de l’œuvre qui ne devient donc pas une œuvre dans l’œuvre mais bien une œuvre préliminaire et publiée “a posteriori”.
C’est, l’auteur le précise lui-même, parfois un travail ardu : “Gros travail de rédaction de nouvelles sur le Désir des femmes”. Nourri d’autrui et de judicieux conseils d’auteurs renommés tel Bernard Noël, la “fabrique de l’auteur” se moule ainsi sous nos yeux. Un lecteur avisé, curieux, pointilleux ou tâtillant du doctorat littéraire pourrait, à sa guise, faire l’exact rapprochement avec l’œuvre réellement parue, ce qui serait un travail considérable considérant que ces “actes d’une recherche” sont sans doute suffisamment à propos pour ne pas devenir excessifs, l’auteur se voulant avant tout poète : “A résoudre : malgré les avantages du – ma tentation pour – le spectacle, ne pas aller trop loin. Il faut absolument que le poème reste premier. / Mardi 10 juin 1997”.
Noter ainsi, au jour le jour, une progressivité littéraire tient de la maïeutique et du questionnement perpétuel, Alain Marc n’hésitant pas cependant à se comparer en agréable compagnie : “Comme Vladimir Maïakovski, avec ses vers découpés en 3 morceaux, j’ai créé une nouvelle parole poétique, un nouveau type de vers, libre, en découpant les mots et jouant sur le rythme, et la polysémie de chaque mot, ainsi découpé, en retrouvant, manquant, appuyant, sur sa racine étymologique. / Jeudi 28 Novembre 2013”. »

Patrick Devaux, extrait de l’article « Actes d’une recherche, Alain Marc (par Patrick Devaux) »,
site Internet la Cause littéraire, 2 déc. 2019

 

« Au fil des décennies, le poète du cri cherche sa voie/voix, la renforce, l’améliore, portant son attention à “l’organisation de la voix intérieure” (p. 139), au rythme, au “jeu phonique et sonique” (149), à la posture… Un exemple : “Lire la tête en bas, ou renversée à l’arrière, gosier écrasé. Et voir comment le corps réagit, comment le geste influe sur la voix, sur la lecture” (179). L’auteur/le noteur s’interroge sur l’articulation entre poétique et politique, développe une poésie existentielle qui […] s’oppose au formalisme : “C’est une poésie du dit et non du dire, une poésie du sens et non de la forme. C’est le sens, des mots même, qui fait rythme, et non les syllabes voyelles et consonnes…” (131). L’ensemble est stimulant »

Fabrice Thumerel, extrait de l’article « [Livres – News] Libr-Vacance (3) »
(avec un lien sur la vidéo en lecture assise du festival Voix Vives, de Méditerranée en Méditerranée de Sète
de Poésies non hallucinées, & Rescapées, éveillées, zen

et des critiques de livres de Charles Pennequin, Véronique Bergen, Christophe Esnault, sur le spatialisme, etc.),
site d’informations et de critiques littéraires Libr-Critique, 6 août 2019


De l'amour et autres
recueil De l’amour et autres no 148 de la collection de « la Galerie de l’Or du temps »
aux éditions du Petit véhicule

« De l’amour et autres, Poésies et Notes, Alain Marc (par Patryck Froissart) »

« Alain Marc et les Editions du Petit Véhicule nous ont habitués à guetter la sortie de leurs superbes publications. Ce nouvel opus du poète amateur d’art, incrusté de magnifiques reproductions de tableaux du peintre picard Lawrence ne décevra pas les afficionados. L’ouvrage est luxueux.

La majeure partie de cette compilation est présentée par l’auteur comme une « recomposition d’une sélection issue d’un premier recueil […] », publié en 1989. […]

Le recueil comprend deux parties, conformément au titre.

Première partie : De l’amour

Cette partie est précédée d’un texte incantatoire fondé sur la répétition lancinante, exacerbée, sur deux pages, des verbes « aimer » et « je voudrais », ce qui peut se comprendre comme un douloureux aveu de la difficulté d’aimer.

La récurrence multipliée à l’excès de ce cri d’impuissance et de souffrance (rappelons que le CRI est la manifestation obsédante de toute l’œuvre d’Alain Marc) devenant tellement insupportable à la lecture que le lecteur ne peut qu’en ressentir et en partager toute la violence. Si c’est bien là l’intention de tout artiste, le résultat est ici incontestable.

Les textes qui suivent sont à l’avenant de cette thématique. Un pointage rapide du champ lexical met en évidence ce mal d’aimer.

Les mots qui traduisent l’isolement, l’emmurement, l’ennui, le « marasme », la solitude… Les termes « cacher », « voile », « illusion », « rêves », « interdits », « se meurt », « s’en va », « chavire », « divague », « rude », « détour », etc.

La recherche de l’Autre (majuscule traduisant la distance jamais franchie).

La main qui s’est tendue puis qui s’est tue (belle transposition du geste à la parole).

Mon corps    qui se dresse

                    Et qui prend froid

                            déçu

L’écriture est épurée, dépouillée, réduite à l’essentiel, à l’essence même, éthérisée par un passage forcé dans l’alambic du dessein poétique de l’auteur, débarrassée évidemment de toute descriptivité qui l’alourdirait, mais aussi dévêtue de tout habillage lyrique qui risquerait de brouiller la manifestation du cri.

A quoi bon, d’ailleurs, s’embarrasser d’une esthétique poétique autre que le cri frugal puisque :

Le ROMANTISME n’existe plus :

La société l’a ASSASSINÉ

Ce qui pourrait passer pour la réduction de la poésie à sa plus simple expression est ici une contraction à sa primitive (primordiale ?) et substantielle manifestation.

L’auteur se l’écrit ainsi, en opérant la transsubstantiation du cri de souffrance en matière dure et concrète :

Je ne suis pas peintre

de beauté imaginée

Mais plutôt sculpteur

d’instants de transes

 

Deuxième partie : Et autres

Cette partie se compose de deux textes plus longs.

Le premier est un hymne à la danse qui unit les corps, un chant à la fête qui fiance les âmes. C’est de la joie, c’est du bonheur qui s’exprime ici […]

[…]

Le second, intitulé Le fil à plume, est une réflexion originale, très réussie, sur l’acte d’autocréation poétique, sur la genèse de l’écriture, symboliquement représentée par l’utilisation tout au long du texte, à la place de la lettre « p », d’un idéogramme stylisant joliment l’image du spermatozoïde. Ainsi la génération fécondée du texte poétique devient-elle immédiatement, visuellement, dans le temps et l’espace de la page une activité perceptible…

Plaisante idée d’artiste en vérité…

Ce beau livre se termine par quelques pages de notes et de « préalables ». Le poète y retrace l’historique des textes, leurs reprises, leurs réécritures, leurs variantes et variations d’une publication à l’autre, les circonstances de leur génération. Voilà un exemple intéressant de métapoétique.

L’ensemble plaira sans aucun doute aux amateurs d’arts littéraire et pictural. »

Patryck Froissart, « De l’amour et autres, Poésies et Notes, Alain Marc (par Patryck Froissart) »,
site Internet la Cause littéraire, 5 sept. 2019

 

Ecran iPad Cent-dix huit évidences

poésies Cent-dix huit évidences (livre numérique), bibliothèque mobile Bibliomobi,
commande AR2L Hauts-de-France / Métropole européenne de Lille

 

Couverture "Méta mor phose ?"

Réédition en un volume des 4 poèmes de Méta mor phose ?, Z4 Éditions

« Méta mor phose ?, Alain Marc (par Murielle Compère-Demarcy) »

« Arrêtons-nous sur le titre : Méta constitue l’élément du grec meta signifiant ce qui dépasse, englobe (un objet de pensée, une science). En l’occurrence il désigne dans Méta Mor Phose ? d’Alain Marc le processus créatif qui transcende l’existence emportée dans le flux de l’Écrire. Mor Phose ressortit à la forme de/d’une existence transfigurée ici par la création en cours []. Méta Mor Phose : le mot est formellement décortiqué : pesé et relèvera/révélera la puissance de son sens dans la lecture à voix haute. La route entamée sur le chemin du cri par Alain Marc se poursuit dans la traversée intarissable d’un chemin de l’Écrit/de l’Écrire dont la quête est douloureuse (douleur/de l’inaccompli”) mais “vitale” (cf. Il n’y a pas d’écriture heureuse []).

Méta Mor Phose ? renvoie au cycle des poèmes à dire et à crier dans le travail d’écriture d’Alain Marc : quatre poèmes : La Porte du des / tinÉcrireÀ la recherche de l’arche perdue, et le Désir écartelé, qui viennent augmenter La Poitrine étranglée, Poème pour les ouvriers, publié aux éditions Le Temps des Cerises en 2005. L’ensemble, performé en 2002 au Théâtre en l’Air à Abbeville Saint-Lucien, évolue dans l’acheminement d’une écriture à l’œuvre dont le processus cyclique globalisant ne saurait être, comme dans toute Œuvre scripturale/artistique, entravée par une démarche systémique. Le poète dramaturge essayiste Alain Marc offre régulièrement des éclairages sur l’évolution de son parcours d’écriture via son site (*) notamment, en l’occurrence dans ce nouveau livre publié par Z4 Editions via une ‘Préface’, la présentation du ‘premier projet’, une ‘postface’, des ‘préalables’ formant des éléments d’exégèse littéraire proposés par l’auteur, écrivain et lecteur public, voyageur (viscéral) de la littérature” (Écrire le cri [], préfacé par Pierre Bourgeade dédicataire de l’essai avec Henri Meschonnic). L’illustration de couverture réalisée par le peintre Jacques Cauda initiateur du “mouvement surfiguratif” [], chaque livre du poète s’achemine, fragment après fragment, vers l’Œuvre, cette Aube (impossible “point du jour”) poursuivie tout au long du Voyage d’une Vie – voyage inachevé mais avançant ardemment et sans relâche à la recherche / DE L’ARCHE PERDUE vers le pied de l’arc-en-ciel.

La citation en exergue d’Antonin Artaud, extraite du Cahier de Rodez n°16, évoque la souffrance constitutive de l’être existentiel voué à s’appuyer sur la volontésans comprendre le pourquoi. [] À l’instar du “poète noir, Alain Marc travaille dans l’unique durée où se déroulent les métamorphoses, où ses voix intérieures s’entendent dans ce laps d’effroi/de tremblement total de l’Être pris dans les béances du doute et de la folie sans cesse à refranchir vers l’acharnement à vivre l’Écrire / à écrire le Vivre. Le “sujet  particulier au sein du théâtre bruyant du monde écoute et entend résonner en lui ce qui sépare le réel de son moi, ce qui s’opère, s’exécute cruellement entre son moi et sa déformation personnelle des fantômes de la réalité.

La référence à la figure tutélaire d’Antonin Artaud ne s’arrête pas là, avec un lien foncier postulé entre poésie et théâtre, Alain Marc proposant de réactualiser la proximité des deux genres dans un nouvel expressionnisme.

Poésie orale, voix du corps de l’écrivain, poésie vivante incarnée sur scène, proférée dans le corpus de récits dont les textes racontent au final une histoire – ainsi Alain Marc définit-il son écriture dans un éclairant ‘Argumentaire scénique’ augural, émaillé de références éloquentes (outre Artaud, la tragédie grecque, Racine, Victor Hugo, Maïakovski, Valère Novarina).

Un sujet (…) prend (ici) parole et réagit contre le monde, armé de sa révolte, de sa rage d’écrire : de vivre, IL raconte ce qui sur-gît dans une Méta Mor Phose où le cri remue l’être en sa nuit, depuis la porte entrebâillée de l’Enfance avec ses rêves volés par LE MONDE / DES ADULTES jusqu’à franchir encore la porte / DU DES / TIN, Écrire opiniâtrement (la “seule / solution, la seule issue de secours) pour crier LA PLAIE BÉANTE dans une Traversée violente dans un dédoublement douloureux du moi éprouvé et du moi qui ne parvient à se révéler (au monde et à lui-même), habité de voix intérieures”,trop fort[es]… corps intégral – chair sensuelle et âme dénudée entièrement nouées – vrillant de vertige jusqu’à la chute de l’amour manquéESCLAVE / de son désir / ÉCARTELÉ.

L’amour se révélant impossible, l’Écrire, la seule / solution, quel autre recours dès lors tenter dans le “combat (de la vie) en cours” que de “retransmettre les paroles du monde” qui dans un paradoxe brûlant dépossèdent / aliènent / tiennent ce qui s’insuffle entre lecture et création : la voix de l’Écrire ?

Méta mor phose ? soulève fondamentalement les strates lyriques, le questionnement poétique, d’une tectonique qui lame notre palpitant et [Touche] le fond de l’infini… poursuivant le désir vers son “issue béante dans une permanente / métamorphose / du charnel et des transformations fantomatiques du moi…

(*) http://alainmarcecriture.free.fr »

Murielle Compère-Demarcy,
« Méta mor phose ?, Alain Marc (par Murielle Compère-Demarcy) »,
site Internet la Cause littéraire, 21 mai 2019

 

Nouvelle Journal à deux voix suivi de Quelques notes en deux étapes, Z4 Éditions

« Journal à deux voix, suivi de Quelques notes en deux étapes, Alain Marc
(par Murielle Compère-Demarcy) »

 

« L’espace où se joue / s’axe / s’articule / s’exprime ce Journal à deux voix s’élance dans le laps d’un « groupe de mots lancés » à la page 14 :

“Le désir de la rencontre amoureuse vient sous-tendre l’échange et créer l’illumination. Alors peut-être repousser la rencontre tout en l’alimentant suffisamment pour pouvoir continuer à jouir de la venue des révélations.”

Le récit épistolaire-par-fragments s’énoncera ainsi, ici, suivant le modus vivendi d’un érotisme constitutif du Dire et du Jouir mis en jeu / mis à jour dans l’écart d’une rencontre éperdument amoureuse inaugurée / initiée par le protagoniste, reçue par sa destinataire.

Lui “(s’)ennuie fortement dans sa vie” et décide, pour combler le temps vide, de suivre des cours au Collège de France. Il y rencontre une jeune étudiante dont il tombe éperdument amoureux et à laquelle il adresse des lettres par une nuit mémorable d’insomnie. Deux vecteurs sous-tendent et orientent ce Journal à deux voix : d’une part le jeu aiguisé d’un va-et-vient organique (orgasmique) entre la littérature et la vie (il n’est pas anodin que dès sa première lettre le narrateur demande en Nota Bene à son expéditrice si elle a déjà lu les Lettres à un jeune poète de Rainer-Maria Rilke avant d’ajouter : “Si ce n’est le cas fais-le. C’est un livre de table de chevet à lire et à relire” ; d’autre part le rôle initiatique de l’amour fou (même impossible) dans l’apparition / la révélation de la beauté. Ajouter à ce dispositif un peu de perversité, un rien de diabolique, accroît la tension, exacerbe les lignes où se tiennent les deux protagonistes, deux voix allumées dans la blancheur de la page où courir une histoire / une rencontre dans l’infini de l’inconnu.

“Moi qui n’aime pas le jeu, je viens ici t’en proposer un que tu pourras même détourner jusqu’à devenir pervers. Surtout n’hésite pas à utiliser toutes les opportunités”.

L’invitation / l’incitation à la perversité excitera-t-elle le désir de tenter ce jeu, sachant que “le diabolique est une autre dimension absolument productive. Mais là aussi, il y faut une pointe d’art”. Nous entrons dans la sphère d’un “viol”, “où la conscience ne mesure pas la portée de ses actes”. Qui fait violence au juste ? Celui qui adresse / écrit ces lettres, ou celle qui les reçoit / les accueille en les lisant ? “Tu parles de rencontre amoureuse”, lui lance-t-elle sur un mode assertif-interrogatif (captif déjà ?). Qui transgresse quoi ? Et découper les mots dans cette situation-là, n’est-ce pas déposséder l’autre en se dégageant des lianes protectrices mais étouffantes de la solitude ? N’est-ce pas se reconquérir en dépossédant l’autre ? “viol”,terrorisme, détournement de sens, détournement du détournement. Tenter de rejoindre l’Autre, n’est-ce pas tenter de recoudre le cordon ombilical ?

“Elle est partie
Elle m’a laissé

tout seul
Il faut que je vive
maintenant
avec ce cordon
coupé
qui sort de mon ventre
comme un membre qui resterait toujours
en érection
tendu
par la peur
qui tenaillera toujours
les entrailles
Cette Erection
sera toujours
et à jamais
entre elle
et moi”

Tout est dit : la blessure essentielle, le cri à hurler à toujours re-pro-férer pour recomposer la réalité où se disjoindre / rejoindre.
Ce Journal à deux voix cherche l’amour comme on piète à l’affût d’un sens à trouver dans une existence que l’on n’est pas seul à mener mais que l’on mène seul. Alain Marc jalonne son récit de réflexions métaphysiques, et pose les mots justes à l’autel des postures féminine / masculine face à l’amour :

“Voilà bien la contradiction féminine qui dit non quand elle voudrait que l’amant continue et qui repousse l’élan conquérant pour mieux voir le deuxième arriver.
L’homme est nettement plus primaire : il dit oui quand il a envie et non quand cela ne l’intéresse pas.
La perversité, ce jeu qui est bien féminin, laissera toujours l’homme à côté… de la question !

L’amour, rédempteur. L’amour, salvateur. L’amour, destructeur.
Et peut-on faire l’amour avec des mots ?

“Te faire l’amour avec les mots. Est-ce que la littérature… en serait capable ?”

Sortir de la solitude où l’on se réfugie pour se jeter dans le fleuve de l’amour où des crues des tumultes jettent parfois nos radeaux dans des bras de secours, alternatifs. La rencontre amoureuse n’est-elle pas le personnage principal de ce Journal à deux voix ? L’auteur joue sûrement “au chat et à la souris” avec son lecteur comme le narrateur avec son amante. Pour le plaisir du texte / du sexe.
Les références textuelles, culturelles, qui émaillent le récit (Rilke, Lou Andréas Salomé, Michel Leiris, Aragon, Maïakovski, Lilia Iourievna Brik dite Lili Brik, Tolstoï avec Anna Karénine, Milan Kundera avec L’insoutenable légèreté de l’être, Les Ailes du désir de Wim Wenders, les Lettres d’Amour d’un soldat de vingt ans de Jacques Higelin) accompagnent l’échange propulsé dans une sphère littéraire elle-même espace de “manipulation” : “L’art, et donc l’écriture, seront toujours une… manipulation”.
Et comment démêler le réel de la fiction ? La réalité de l’affabulation ? “Où est donc la frontière entre la réalité et l’imaginaire ?” L’amour ne devient-il parfois affabulateur, mythomane, mélomane, d’un “terrorisme” aveuglant ? “Je suis à peu près sûr que la plus grande partie de ce qu’elle m’a dit est purement imaginé”. Qui est qui dans ce “jeu entre le ‘je’ et le ‘il’” ? Le protagoniste lui-même se (re-)connaît-il, projeté dans la mise en abyme des miroirs déformants (angle de vue montré par l’illustration de la première de couverture, le diptyque intriqué Miroir, huile sur toile et impression sur alu dibond signé Emmanuel Rémia). L’équivocité des voix est attisée par le genre épistolaire, où l’autobiographie apporte par sa nature une mise à distance, nous plonge dans un univers fictif ; où l’insertion d’ingrédients textuels apparemment empruntés à la réalité (la lettre de C. qui clôture le Journal) ; où le décalage entre le moi et l’être qui écrit est postulé. Où nous entraîne l’auteur ? Sans doute ne le sait-il pas exactement lui-même, nous embarquant dans un « work in progress » dont il ne connaît pas lui-même la direction, la destination (“Je ne sais pas encore comment l’histoire finit”, lit-on page 30).
L’écriture d’Alain Marc dans ce Journal à deux voix remonte au “germe, entre réel et imaginé”. Ce qui rend son terrain de jeu, inédit ; ce qui l’inscrit dans l’espace littéraire d’une “nouvelle blanche”. La singularité de ce récit ne s’arrête pas là, ainsi que nous le révèlent les Quelques notes en deux étapes placées en fin de livre :

“Et pourquoi ne pas joindre le récit de la réalité après les Lettres ? Le lecteur découvrirait l’histoire qui était entre les lignes. Il découvrirait le degré premier après avoir pris possession du deuxième avec les lettres.”

Lorsque nous lisons cette note, nous comprenons l’étendue de la subtilité qui a gouverné l’écriture de cette nouvelle parution de l’auteur [].
Le genre épistolaire, allié au récit fragmentaire – comme le récit-par-fragments avait été expérimenté par Alain Marc dans “Le Timide et la prostituée [de] Je ne suis que le regard des autres (Z4 éditions, 2018) – relève le défi d’une parole textuelle / amoureuse livrée au “monde interprété” (Rilke). Monde interprété où “ce [qu’un auteur] peut vivre dans l’écriture est beaucoup plus important que ce [qu’il] peut vivre dans la vie. Mise en abîme du désir – le désir amoureux viscéralement lié à l’Écrire érotique –, ce Journal à deux voix d’Alain Marc est un troublant miroir de la littérature. »

Murielle Compère-Demarcy,
« Journal à deux voix, suivi de Quelques notes en deux étapes, Alain Marc
(par Murielle Compère-Demarcy) »
,
site Internet la Cause littéraire, 18 fév. 2019

Recueil de poèmes et portraits En regard, sur Bernard Gabriel Lafabrie, Dumerchez

« D’épures en simplifications, Bernard Gabriel Lafabrie vu par Alain Marc, poète »

« Il est très agréable de ne rien connaître – ou presque – à l’objet de notre étude, mais de savoir immédiatement, dès l’ouverture de l’enveloppe, qu’un dialogue pourra s’opérer, parce qu’il sera question de nécessité poétique, d’art, de la vie des formes.

[…]

Son dernier livre [à Alain Marc], publié chez Dumerchez, En regard sur Bernard Gabriel Lafabrie continue son grand œuvre d’accompagnement des artistes plasticiens (Lino de Giuli […]), peintres […], sculpteurs (Bertrand Créac’h), poètes penseurs […] qui lui importent.

En regard sur Bernard Gabriel Lafabrie est un ensemble de poèmes/portraits inspirés à Alain Marc par le travail de peintre et lithographe de son ami, aussi éditeur de livres d’artistes (l’imprimerie d’Alsace-Lozère à Paris).

De l’œuvre graphique au poème, il y a tout un antisystème de correspondances, une transmission de flux, un souffle mutuel.

Les vers déplient moins qu’ils n’interrogent la reproduction qui est à leurs côtés.

Sentinelles pour sentinelle.

Quelques formes géométriques pour tracer le portrait de tel ou tel, inconnu (la Jeune antillaise, la Marchande de pommes) ou pas (Vera Molnar).

Quelques mots, très peu, qui parfois se disloquent.

[…] de version / en version // du figur / atif à l’abs / trait // l’abstraction / du visage // répétition de l’im / pression // première // en finir / avec le por / trait ? // jusqu’à l’obsession // dizaine de travaux / préparatoire”

Il faut pour goûter ces syncopes la fraîcheur d’une nuit étoilée, ou une chambre aux fenêtres ouvertes sur la ville.

Bénigne de Guitaut est peut-être une béguine, une mystique allemande du XIIe siècle, allez savoir qui est là dans cette portion de vitrail en marche.

Il y a de l’enfance et de la malice dans le travail de Bernard Gabriel Lafabrie, ainsi cette Femme à l’écharpe verte qui est un double animalcule extraterrestre, ou quelque protozoaire inconnu.

Commentaire d’Alain Marc : « le portrait / du portrait / est-il toujours un / portrait ? »

Oublier les visages, les identités particulières, les histoires de chacun, puis, dans un moment de fulgurance ayant nécessité bien des tâtonnements et étapes intermédiaires, arrêter une forme qui sera une évidence.

“travail / du multiple // multipli/cation // de la présence // dans une / présence absence //      répétition de”

Et tomber en émoi devant la “spiritualité” (quelle silhouette) de Victoria Vernet ou Yvonne Belamri. »

Fabien Ribery,
article « 
D’épures en simplifications, Bernard Gabriel Lafabrie vu par Alain Marc, poète »,
blog littéraire et artistique l’Intervalle, le Blog de Fabien Ribery, 26 août 2018

Recueil de nouvelles Je ne suis que le regard des autres, Z4 Éditions

 

« La réalité – la grande affaire de l’écriture – l’auteur l’assume à plein régime dans un collectif de textes d’apprentissage au titre – versifié – ambigu, zoomant-dézoomant sur quelque quidam raté ratant l’obscur objet turgescent de son désir à un regard près […] ces « nouvelles noires » apornographiques de l’internement in vivo, faits mâles, désincarnés ici dans la durée flottante d’une figure falote marquée recto verso du sceau œdipien de la mère, font mal […] ces morceaux choisis, en pointillés de suture, comme autant d’arrêts sur image, en appellent au frustrat d’une quête identitaire.

Dès les premiers mots, l’écriture adhère, le souffle halète, colle, à l’évènement, à l’évidence, au corps, au cœur. Traction, tension, action. Rétropédalage. Plan panique. Tsunami mental. Au paroxysme du flashback le couteau expressionniste, l’une meurt l’autre chante, télévisuellement « montre son cul, entièrement nu, en le trémoussant énergiquement ! », dit le point d’exclamation, élément clef de la phrase planté direct dans l’œil, coup de tampon de l’insoutenable dague de l’incongruité, les sirènes hurlantes de deux incompatibles canons, font K.O. le héros à la première personne du singulier ; les mots dès lors, comme réchappés d’un tableau de Munch, n’ont de cesse de se taper concentriquement la tête contre ses propres murs.

Certains textes sont écrits depuis cet espace-temps, celui des tripes, espace contraint du chewing-gum de la semelle à la camisole, cri (l’os le plus long) incarné, temps physiologique de la pensée fixe, virale, toxi-fixe, juke-box de la boule dans la gorge en proie à une scène primitive fondamentale, atlas d’une vie entière, pierre d’angle d’une écriture, le nécessaire lasso du cordon de l’origine.

CRIER est SEUL. Deux mots majuscules. Saillent d’eux-mêmes de la langue en ouverture de l’œuvre au travail autour du chantier de la blessure. Une chirurgie de réparation oscille à rebours entre vie et mort, éros et thanatos, l’autre et soi, le regard et le refus. Zola existentiel aux fourneaux. Aux prises avec les neuro-sapeurs-pompiers du souvenir. Mémoire cellulaire du voyant rouge d’un moment tatoué à vif à même la vue, tout ce qui émane d’une scène mère rémane dans le mot maman.

« (…) s’installe une souffrance, tenace, comme un ciment qui se répand au fond du lit. Lit de souffrance. Et derrière cette souffrance, il y a, une grande… solitude » en forme d’impasse : écrire comme l’on souffre en temps réel, cash, à cœur ouvert, à jets de poulpe : « Aaaahhhhh ! Mais pourquoi donc est-ce que je reste ici ? J’ai tellement besoin d’amour, que je n’ai jamais su, en donner ». Hoquet d’une ponctuation boiteuse, souffle bégayant de l’analysé s’analysant, av(o)eu vrai, livre authentique d’une privation de puissance au pied de laquelle, à genoux, l’écrivain (é)cri(t) sans chichis ; le vrai livre commence, non pas celui de la maman et de la putain mais celui, en miroir d’une scène fondatrice, du « timide et de la prostituée » sur lequel plane encore l’ombre portée de la mère sur le souvenir de la Joconde. « Pourquoi les femmes qui venaient vers lui avaient-elles toujours de petits seins ?

Prenant de la distance, déglacé, le souffle s’apaise dans le détail, grain de beauté nasal, soulier usé. Le timide est un genre en soi. Peut-être écrivain, romancier plus ou moins raté, un « écrivain de premier niveau » ne méritant pas « le renom des Lettres », la hampe longiligne de la liane du elle, la question reste en suspens, « aussi, un peu, à la recherche, de lui-même », son style, sa voie, sa voix de mue, sous de faux airs de nana, son masculin féminin pudique. Les gros seins lui font peur qui « lui procuraient comme une attirance, suivie tout de suite d’une répulsion », lui rappellent « peut-être trop la féminité, celle qui lui a échappé tant de fois dans son jeune temps avec sa mère ». Suit une scène formidable, freudienne et frémissante, dans laquelle l’enfant unique lave le dos œdipien de la maman dans une mise en scène incestueuse inventée par la mère.

Travelling avant, quittant travail-femme-enfant, pour passer « dans le clan des écrivains de notoriété » et « remonter jusqu’à la capitale », le timide troque le fer l’amour marital contre l’aventure pornographique virtuelle : « connaître la chair, la vraie, celle qui repousse les limites »… les siennes et celles de l’écriture, point d’interrogation.

Tous les âges se télescopent dans le timide, toutes les projections, tous les fantasmes, tous les rêves de puissance, toutes les frustrations en pointillés du fantôme de la mère, se résument dans ce tabou : les beaux seins de la maman se refusant au regard du fils, enfant de c(h)œur assoiffé d’amour, le timide est condamné à rester « coincé dans son corps (et) cochon dans sa tête », un cochon de naphtaline, « très très solitaire », marié à la linéarité du désir dans l’espace ambulant du regard, assassinant volontiers des femmes de joie en pensée tout tenaillé qu’il est par l’obsession de la camionnette, figure avortant d’elle-même dans un court-circuit perpétuel de regards.

On aurait pu s’arrêter là, à cette nouvelle fraîche d’excellente facture, sa chute, si ce n’est que le timide se redresse ipso facto dans la bouche d’une autre femme, sous la forme d’un brasero de commentaires sous cache, sous couvert d’une anecdote qui file décidément le malaise, tandis que la tension se dilue dans la miette, le verre pilé s’éreinte dans l’éclat.

De Charybde en Scylla, des seins à l’origine du monde, la tentation était grande et le chemin le plus court passe symboliquement par le lieu le plus obscur, la cave, le plus trivial (partie de cul off exhumée de), la buanderie, le dispositif le plus voyeur, la photographie. La logorrhée n’aime pas la ponctuation, l’auteur la place dans la bouche d’une femme, jambes écarquillées de part et d’autre de l’œil du photographe, la chair décidément, est triste – je souligne –, la beauté absente, inclus le clap final du vilain petit oiseau lorgnant sur le tablier de la soubrette, bande de vicieux assoiffés et autres complices de la voyure va !, passés au tamis de la confidence, cherchez l’erreur : roublardise de ce lui qui regarde, excitation de ce elle qui rapporte, soif de détails de ce lui qui écoute. Reste qu’il est dur, diantre qu’il est dur, non pas d’être un homme mais de le devenir.

Alain Marc entretient des affinités certaines avec le vérisme. Humain, terriblement humain, son humanisme est-il un existentialisme de poche ou un naturalisme grandeur nature à la Zola ?

Cet homme-là, son il, ce moderne descendant d’Adam, cet abominus nain, ce doux cochonnet concupiscent (qui ne naît pas cochon le devient), coincé sur le mont de Vénus comme dans un bois en berne, ne vient manifestement pas de Mars : il n’en est que plus attachant. »

Carole Darricarrère« Je ne suis que le regard des autres, Alain Marc »,
site Internet la Cause littéraire, 28 juin 2018

 

P1060971
Recueil Poésies non hallucinées, & Rescapées, éveillées, zen
no 73 de la collection de « la Galerie de l’Or du temps »
et cahier d’arts et de littérature Chiendents no 109
Il n’y a pas d’écriture heureuse aux éditions du Petit véhicule

(voir la bibliographie complète)

 

Une posture d’Homme arc-bouté en équilibre instable sur le fil de la langue, tel Alain Marc, dont les vers brefs, comme le souffle coupé, émaillent un livre de belle facture ponctué de dessins « Anonymes calcinés de Christian Jaccard ». En lisant les premiers textes de « Poésies non hallucinées », je ne peux ôter de ma mémoire les suffocations d’Henri Michaux, le cri expulsé de ces pages liminaires de Face aux verrous. Ce cri, à force d’être paraphrasé par les triturations du texte, émerge, surréaliste et effrayant, mais salvateur, d’un recueil de poèmes démesurés de par la brièveté savamment organisée du verbe, et grâce au choix d’un lexique qui, pour être simple et usuel, n’en est pas moins l’outil d’une poésie épaisse et poignante.

« Fente
Cachant Montrant

CACHANT ET MONTRANT

le Dedans
DU CRI !

Ce Monde
Inté
Rieur
Ne pouvant
Communi
Quer
VU
de l’Exté
rieur

QUE PAR LE MINCE
FILET DU SEXE »

Le poète convoque l’enfance, la foison de souvenirs dont il interroge incessamment l’exactitude. Son identité est questionnée au regard de ces entités temporelles de lui-même considérées avec le recul nécessaire à toute remise en question. Le dessin de la couverture ne dément pas cette omniprésence de l’inconscient, offrant un portrait dont des hachures verticales estompent les trois quarts du visage. Et il ne s’agit pas de plainte, Alain Marc interroge le passé, dans une tentative aboutie de renouvellement du discours lyrique, en prenant à bras le corps les lieux communs du genre pour les parodier ou en transcender la portée.

« J’ÉTAIS PETIT ENFANT

Il y a quelques instants
j’avais
SIX ANS
et j’entendais
une voix
parler au cœur

J’étais descendu
Tout près de moi
trans           planté
près de mes peurs

            trans           planté
près de mes peurs
et des pleurs

L’émoi
de l’ancien enfant
sortait de mon corps
et pulsait
le cœur
Je faisais un voyage
dans le temps
un voyage
dans mes
moments… »

Un énonciateur qui est toujours spectateur de lui-même, et critique sans concession mais sans apitoiement de ses heures d’aveuglement. Il est lié au désir de faire comme si l’oubli de ce regard spéculaire pouvait permettre au poète d’exister. Dialoguant avec son inconscient, il pousse plus avant cette remise en question des perceptions et des souvenirs, mais ne déstructure pas pour autant la langue, ni la syntaxe qui reste au service d’une versification libre mais usuelle. Il joue magnifiquement avec l’espace scriptural. Des signifiants, coupés en deux, un peu comme l’homme et son miroir, la mémoire, permettent au poète de jouer avec le sens et la phonologie. C’est alors comme ouvrir un mot et permettre aux acceptions de s’en échapper, à la pluralité des potentialités du lexique d’opérer une transmutation sémantique. Nous touchons là à l’essence même de la poésie, une simple syllabe suffit à Alain Marc pour ouvrir les strates sémantiques du langage.

Une source limpide que ce recueil, qui mène le lecteur vers lui-même, avec humour ou gravité, mais toujours avec une humanité dont il révèle les contours. Le regard réflexif qu’Alain Marc porte sur lui-même étaie un discours scrutateur et constitutif d’un portrait dont émane l’essence de son être, parce que ce regard, loin d’être porteur de désenchantement, devient unificateur. Les deux derniers chapitres portent des titres qui disent cet aboutissement : « Poésies éveillées » et « poésies zen ». Les âges dévoilés par les réminiscences et abordés par le biais d’une lecture qui convoque les représentations de l’inconscient sont soumis à un examen qui démythifie le souvenir et permet d’apercevoir l’essence même de l’être. Mais n’est-ce pas là le rôle, la mission de toute poésie. Un verbe dévolu à l’éveil, à la constitution d’un homme dont le portrait serait impossible parce que figure de toute l’humanité, c’est ce que tente d’ébaucher Alain Marc, et c’est ce chemin dont il montre l’entrée au lecteur. C’est là l’ultime mission de la poésie. »

Carole Mesrobian, article « Alain Marc, Poésies non hallucinées »
publié initialement
dans le « Fil de lecture : 
autour de France BURGHELLE REY et d’Alain MARC »,
Recours au poèmeno 178, début mi-oct. 2017

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